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21 Mai 2008
Plus de 78 % de contribuables ruraux doivent alors acquitter des montants relevés entre 100 et plus de 1 000 euros, alors que la moyenne nationale se situe à 40 euros par an et par personne ! De plus, des dépendances rurales même désaffectées ou des résidences inhabitées doivent à présent payer des déchets inexistants, ce qui frise le racket.
Immédiatement, un groupe de contribuables se rassemble pour contester et refuser cette affectation foncière qu'ils considèrent discriminatoire, incohérente, inéquitable, abusive et stupide, puisque non incitative au tri sélectif. Bercy subit ce « tour de passe-passe fiscal », et aucun des gouvernements successifs ne semble pouvoir en exercer le contrôle. Sitôt son existence connue, le collectif bénéficie d'une montée en puissance. Il fédère à ce jour 53 associations de défense sur 68 départements. Des actions judiciaires aboutissent à constituer une jurisprudence, un recours se retrouve même devant la cour administrative d'appel de Bordeaux. Une occupation constante du terrain médiatique fait monter la pression. « Impôts hors la loi : la révolte est en marche », titre Le Petit journal du 9 novembre.
Invité à la 5e conférence internationale des déchets d'Aixen-Provence en juin 2004, ce Collectif était alors le seul à faire le lien entre une tendance spontanée au boycott du tri et des factures de déchets n'incitant pas à trier. Ce lien est clairement mis en évidence lorsqu'à l'initiative d'associations fédérées de Gironde et de l'Est, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Environnement, visite en octobre 2007 la communauté de communes de la Porte d'Alsace. Avec ce système de facturation du seul vrai volume de déchets embarqués, aboutissant à une moyenne de l'ordre de 50, l'usager est incité à trier 2/3 de déchets en plus, cela se traduisant par 2/3 de tonnage en moins à enfouir ou à incinérer!
Le groupe « déchets » du Grenelle de l'Environnement recommande la mise en place d'une tarification incitative et équitable pour le financement du service public des déchets dès 2009. Ce fut le choix de la secrétaire d'État. Espérons que le courage politique dont elle a fait preuve permettra que la réforme de la TEOM rendant obligatoire la facture incitative au tri intervienne dès la loi de finances 2009.
Bien entendu, le Collectif restera vigilant quant aux modalités d'application de cette réforme. qui représente une avancée considérable à laquelle il a largement contribué.
ALAIN PADOVANI
Source : Le Cri du Contribuable n°48 du 3 mai 2008