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4 Juillet 2008
Projet présenté par la SOGREAH et relatif a l'extension du « Centre d'enfouissement du Pihourc »(ordures ménagères).
Conclusions de la Coordination Inter-associative Comminges
1°-cette étude se fonde sur une technicité dépassée dite de « l'enfouissement » pour prolonger la méthode de « traitement » actuellement en place et expérimentée pendant douze ans, durée pendant laquelle chacun a pu constater toutes les dérives et tous les incidents dommageables pour l'environnement et la santé. Or ce qui est proposé, pour près de trente ans, est très loin de la technique « d'enfouissement ». Cela se rapproche davantage du principe obsolète du dépotoir des anciennes décharges, ne nous parle t'on pas de « poursuite de l'exploitation actuelle avec des améliorations » ce qui sous entend que ce que nous avons vécu n'était pas parfait. Et pour cause : casiers non règlementaires, sans digue périmétrique, alvéoles non respectées puisque l'exploitant lui-même déclare qu'il est techniquement très difficile de respecter l'isolement par alvéole. On n'enfouit pas, on entasse sur une hauteur de 40 mètres. C'est techniquement une aberration totale.
2°- Ce projet est prévu pour trente ans, et il envisage de stocker une masse de déchets de 85000 tonnes par an soit en fin de compte 1950000 tonnes de déchets dits « ultimes », puisque la Loi le veut ainsi depuis 2002. Ce qui veut dire que l'on a délibérément choisi la technique la moins évoluée en s'interdisant de recourir à des procédés innovants et aux nuisances moindres,(cela existe) en déplaçant le problème qui se reposera inexorablement à la fin de vie du site.
Il faut dire que la notion de « déchet ultime » a été rendue malencontreusement floue afin de permettre de stocker tout et n'importe quoi. Selon une belle formule ce « déchet ultime » répond à la définition suivante : « Déchet résultant ou non d'un traitement de déchet, non susceptible d'être traité dans des conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable, ni par réduction de son caractère polluant ou dangereux ». Les opportunes « conditions techniques et économiques du moment » dont on s'interroge toujours sur la définition précise, étant chaque année ce qu'elles restent, il est donc enfin légalement possible « d'enfouir » des déchets polluants ou dangereux, ainsi que de rajouter au catalogue de ces fameux « déchets ultimes » un certain nombre de déchets fermentescibles, dont les ORDURES MENAGERES. Ces dernières se trouvent donc et se trouveront entassées ad aeternam dans le Centre d'Enfouissement Technique de Pihourc ( ce n'est plus actuellement la désignation officielle, mais comme le panneau subsiste à l'entrée du site, nous nous en tiendrons à cette désignation.) produisant pendant plusieurs décennies les infâmes lixiviats et biogaz aussi polluants que sanitairement dangereux. Il est vrai que si l'on écoute les « responsables compétents » toutes ces inquiétudes relèvent de l'ignorance et de l'affabulation, compte tenu de la (soi-disante) haute technicité déployée pour garantir les risques. Le citoyen responsable, qui lui n'a pas la compétence, a néanmoins très bien compris que ces stockages à la « pot pourri » tous déchets confondus ou presque, sont pour l'exploitant aussi simple à mettre en œuvre qu'économiquement juteux, et ma foi tant pis pour la santé des gens et le développement durable.
3°-Le projet, soumis à l'enquête publique sous la forme d'un gros dossier de plus d'un millier de pages n'était pas compréhensible, le Commissaire enquêteur lui- même ayant dû demander des compléments d'information. Au cours de cette phase, l'enquête étant close depuis belle lurette, l'usager n'a pas eu la possibilité de faire part de ses observations, alors que l'on apprend entre autre que l'exploitant déversera dans la Noue 1,228 tonne de métaux lourds sur les 50 ans de vie du site. Calculer cette nuisance au kilogramme près, relève non pas de la vertu scientifique mais du génie. Quoi qu'il en soit il y a pour nous 1,228 tonne de trop.
Le pauvre « usager que l'on consulte démocratiquement » par le biais de cette procédure, a, tant bien que mal essayé de comprendre, privé qu'il a été de toute réunion d'information et d'explication. Vu l'opacité du dossier, l'usager concerné, mais dont l'avis n'est pris en compte que s'il est favorable, a bien ressenti que ce projet était un puits de science inaccessible aux non élus, puisque aux dires du Commissaire Enquêteur, 66 maires se sont eux prononcés favorablement au projet, ce qui démontre bien qu'ils ont su en apprécier la substantifique moelle. Pour notre part et en accord avec le Commissaire enquêteur, nous aurons retenu que ce projet savant aligne beaucoup de théories sans expliquer d'ailleurs comment elles seront mises en pratique, et pour cause. Les affirmations sans preuves émaillent ce document duquel n'émanent que des conclusions apaisantes et toujours optimistes. C'est vrai que l'utilisation prévue de géo membranes « anti-tout ce que l'on voudra », a de quoi rassurer les pauvres ignorants que nous sommes. Nous n'insisterons pas sur la mauvaise qualité de ce projet, le Commissaire Enquêteur l'a fait à notre place et nous l'en remercions. (études géologiques insuffisantes, impacts sur la santé négligés, traitement des lixiviats simplistes avant déversements dans la Noue etc...)
4°-Nous devons tout de même remercier les instigateurs de ce projet de nous avoir poussé à comprendre le fonctionnement du site actuel, de mettre notre nez dans la réglementation, et de jouer notre véritable rôle d'usager-électeur-contribuable. Nous avons pu découvrir ainsi une somme d'informations de tous ordres qui nous font penser que l'on nous prend véritablement pour des demeurés et des irresponsables animés « de rancoeurs politiques ». C'est trop facile.
Ces informations nous ont permis de comprendre que le traitement des ordures ménagères sous quelque forme que ce soit, nécessite beaucoup de rigueur et de compétences, du sérieux et de volonté d'informer l'usager afin de mener, en concertation étroite, une politique de réduction à la source par le tri sélectif. Or, rien que le fait de fonder un projet sur un tonnage constant et annuel de 85000 tonnes, démontre explicitement que le but recherché (et avoué en CLIS -Commission Locale d'Information et de Surveillance) n'est pas de mener une véritable politique volontariste et efficace en vue de réduire sensiblement les volumes à transporter et à stocker tout en recherchant sur le moyen termes les filières de traitement les plus évoluées et les plus acceptables, mais bien de pérenniser des ressources financières, en oubliant complètement le souci de défense et de protection de notre environnement.
POUR CES RAISONS NOUS DIRONS QUE CE PROJET EST MAUVAIS