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24 Mars 2006
Notre monde est devenu fou. Fou parce que gouverné par des marchands qui n'ont qu'un seul souci, vendre, vendre le plus possible, et pour cette fin, par toutes sortes de moyens, ils s'efforcent de multiplier nos désirs et nos besoins. Nous sommes loin d'un monde de sagesse. D'ailleurs on n'éduque plus les gens pour qu'ils acquièrent une certaine sagesse, on les éduque pour les mouler dans une société de surconsommation. En définitive, la liberté que l’on nous offre n’est pas la liberté mais la licence, et la licence ce n’est pas la liberté mais l’esclavage. Nous sommes esclaves de nos désirs. Voici trois citations, toutes trois reprenant des idées semblables. La première est d’Epictète, la seconde de Jean-Jacques Rousseau et la troisième de Rabindranâth Tagore. 1-Ce n’est pas en se rassasiant des choses désirées que l’on prépare la liberté, c’est par la suppression des désirs. 2-L’impulsion du seul appétit est esclavage, et obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. 3-Seuls ceux qui savent que la joie s'exprime par la loi ont appris à dépasser la loi. Non pas que pour eux les chaînes de la loi aient cessé d'exister, mais elles ont pris pour eux la forme de la liberté incarnée. L'âme libérée se réjouit d'accepter des liens, et ne cherche à en éluder aucun, car dans chacun d'eux elle sent la manifestation d'une énergie infinie dont la joie est dans la création. En fait, là où n'existe aucune restriction, là où règne la folie de la licence, l'âme cesse d'être libre. C'est là qu'elle souffre, c'est là qu'elle est séparée de l'infini et qu'elle subit l'agonie du péché. Toutes les fois que l'âme, cédant à la tentation, s'écarte de la servitude de la loi, elle s'écrie, comme l'enfant que ne soutiennent plus les bras de sa mère : « Ne me frappe pas. » « Attache-moi, supplie-t-elle, oh ! attache-moi par les liens de ta loi, lie-moi intérieurement et extérieurement, tiens-moi bien serrée, fais que dans l'étreinte de ta loi je sois liée à ta joie, serre-moi pour me protéger contre le mortel relâchement du péché ! »