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Bloc Anti US à la Paz et Caracas: Plus d'Ambassadeurs


L'escalade de la violence en Bolivie, qui a déjà fait au moins huit morts, a entraîné une crise diplomatique régionale avec la décision surprise du président Hugo Chavez d'expulser l'ambassadeur des Etats-Unis au Venezuela, par solidarité avec La Paz.

L'expulsion de l'ambassadeur des Etats-Unis à Caracas, Patrick Duddy, est la deuxième en 48 heures d'un chef de mission diplomatique américaine en Amérique du sud, après la décision mercredi du président bolivien Evo Morales de déclarer persona non grata l'ambassadeur américain à La Paz, Philip Goldberg.
Washington avait aussitôt réagi en expulsant, par réciprocité, l'ambassadeur de Bolivie aux Etats-Unis.

"Allez au diable, yankees de merde", a lancé Chavez, bête noire de Washington et allié politique d'Evo Morales, en annonçant l'expulsion dans les 72 heures de l'ambassadeur des Etats-Unis au Venezuela.
Il a fait cette annonce lors d'un rassemblement de son parti à Puerto Cabello, à 120 km à l'ouest de Caracas.
Au cours de la même réunion publique jeudi, Chavez, a menacé de suspendre les fournitures de brut vénézuélien aux Etats-Unis, son principal client, si Washington agresse son gouvernement.
"Nous voulons être libres quoi qu'il se passe et quel qu'en soit le coût", a-t-il martelé.
Le Venezuela renverra un ambassadeur à Washington "quand il y aura un nouveau gouvernement aux Etats-Unis", mais pas tant que le président George W. Bush sera au pouvoir, a-t-il précisé.
"A partir de ce moment, la Bolivie n'est plus seule", déclarait-il, assurant aussi être prêt à venir en aide à Evo Morales s'il se trouvait menacé.

Ces mesures diplomatiques coïncident avec une multiplication des violences dans le pays.

Des heurts ont éclaté ces derniers jours à travers la Bolivie entre partisans du gouvernement de gauche et militants de l'opposition libérale, appuyés par les Etats Unis, qui manifestent en soutien à plusieurs gouverneurs provinciaux autonomistes.

Morales, le premier président indigène de l'histoire du pays, avait accusé mercredi l'ambassadeur des Etats-Unis d'encourager une division de la Bolivie, un pays andin de 10 millions d'habitants et de conspirer contre le gouvernement qui l'accuse aussi de fournir une aide financière aux opposants de droite via l'USAID, l'agence américaine pour l'aide au développement.

Dans plusieurs régions, les manifestants anti-gouvernementaux se sont emparés de bâtiments des douanes, des impôts, de centraux téléphoniques ou même de petits aéroports.

Devant ces désordres persistants, le chef de l'Etat a averti l'opposition que "la patience avait des limites", tandis que le gouvernement dénonçait une "menace de guerre civile" de la part de "groupes fascistes", particulièrement à Santa Cruz, le moteur économique du pays, mais aussi le bastion de l'opposition libérale.

Evo Morales, tenant de l'anti-libéralisme, est confronté depuis des mois à la fronde de cinq des neuf gouverneurs des provinces boliviennes, qui refusent un projet de constitution qui doit être soumis à un référendum le 7 décembre.
Ils réclament la reconnaissance de statuts d'autonomie régionale, déclarés illégaux par le gouvernement.

 

Vendredi 12 Septembre 2008

 

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