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4 Avril 2006
En ce début de 21ième siècle, il me semble que le rôle des grands-mères ait bien changé par rapport à celui que pouvaient avoir nos grands-mères au milieu du 20ième siècle.
Dans les années cinquante du siècle précédant, bien peu de mamans se trouvaient dans l’obligation de travailler. Elles assuraient pleinement l’éducation de leurs enfants. On voudrait nous faire croire que l’accès des femmes au monde du travail fut une émancipation pour elle. Ceci est complètement faux ; ce fut une aliénation pour la plupart d’entre elles, et la preuve en est, que toutes celles qui pouvaient se le permettre, parce que le mari avait un revenu suffisant pour garantir les besoins de la famille, préféraient rester à la maison s’occuper du foyer et des enfants, plutôt que d’aller s’abrutir en usine ou dans un bureau. Et ceci est encore vrai de nos jours. J’en connais qui, dès qu’elles ont eu un enfant, ont abandonné toute activité professionnelle. Ce ne peut malheureusement pas être le cas de la majorité d’entre elles, car la vie d’aujourd’hui demande beaucoup de revenus pour faire face à toutes les dépenses exigées par une vie moderne. Ceci est encore plus critique lorsque le couple est disloqué et que c’est seulement la maman ou le papa (mais plus rarement) qui assure le revenu de la famille monoparentale.
On constate, contrairement à ce qu’il est coutume de penser, que le progrès matériel déssert l’homme et la société dans son ensemble plus qu’elle ne le sert, car ce n’est pas une bonne chose pour la santé psychique des enfants d’être abandonnés à la crèche quelques mois seulement après leur naissance, de trouver le soir une maman et un papa épuisé qui n’ont guère le temps de prodiguer les caresses et toute l’attention qui seraient nécessaires. Et cela ne s’arrange pas par la suite quand les enfants sont en age scolaire, car laissés seules à la maison ou à la rue. C’est à partir de là que se nouent les mauvaises fréquentations, les plus jeunes étant déviés par les plus âgés. Il ne suffit pas de dire « les parents sont responsables de ce que font leurs enfants », ils doivent avoir les moyens pour assumer cette responsabilité.
Heureusement pour certains privilégiés, quand la famille n’est pas trop dispersée, ou dans les campagnes, il y a les mamies. Ce sont elles qui remplacent la crèche, et prodiguent aux bébés l’affection dont ils ont besoin. Ce sont elles qui guident les jeunes écoliers et assurent la garde pendant que les parents travaillent.
La grand-mère d’aujourd’hui est une maman de remplacement, en plus de son rôle habituel de grand-mère.