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15 Octobre 2008
| Eline Briant |
15/10/2008
Après un vent d'euphorie qui a couvert les marchés mondiaux après les sommes vertigineuses fournies par les principaux argentiers du monde, l'inquiétude revient au galop...
Ainsi, parmi les premiers touchés figurent en première place, les Etats Unis eux même.
En effet, une responsable de la Banque Centrale a annoncé que cette super puissance occidentale est entrée dans la récession.
Janet Yellen, présidente de la banque de Réserve fédérale de San Francisco, a fait cette annonce mardi soir que l'économie américaine ne connaîtrait "aucune croissance" pour le 3e trimestre 2008 et qu'elle se contracterait au quatrième.
Une nouvelle baisse enregistrée à Wall Street, de médiocres indicateurs économiques et une série de mauvaises nouvelles annoncées par de grandes entreprises ont renforcé l'inquiétude des principales Bourses asiatiques, après la remontée spectaculaire enregistrée lundi et mardi.
Très liés au évolutions de la bourse de Wall Street, les marchés d'Asie redevenaient nerveux ce mercredi, inquiets de la contagion de la crise financière à l'économie réelle malgré les thérapies de choc décidées pour sauver les banques .
A Tokyo, l'indice Nikkei cédait 1,44% à la mi-séance.
Beaucoup d'investisseurs prenaient des bénéfices après la hausse record de mardi (+14,15%), encouragés en ce sens par l'annonce d'une chute de 52,2% de l'excédent courant japonais en août, nettement pire que prévu, la baisse de la demande aux Etats-Unis ayant un impact brutal sur les exportations nippones.
Autres nouvelles inquiétantes: le déficit budgétaire des Etats-Unis a été annoncé en forte hausse au cours de l'exercice 2007-2008 clos fin septembre, à 445 milliards de dollars, soit trois fois plus qu'en 2006-2007.
Et puis, les grands instituts allemands de conjoncture ont estimé que la première économie européenne était "au bord de la récession", prévoyant "au mieux" une croissance de 0,2% pour 2009, et la Banque de France a revu à la baisse sa prévision de croissance pour le troisième trimestre, estimant que le PIB devrait baisser de 0,1% au lieu d'augmenter de 0,1%.
Soucieux d'envoyer un nouveau message fort au secteur financier, le ministre américain au Trésor Henry Paulson avait pourtant musclé mardi son plan de sauvetage, en annonçant l'entrée de l'Etat fédéral américain au capital de plusieurs banques.
Ainsi, Washington a débloqué 250 milliards de dollars pour entrer au capital d'institutions financières, dont neuf des plus grandes banques américaines qui se sont déjà portées candidates et qui doivent absorber la moitié du plan.
La crise affecte déjà d'autres secteurs de l'économie, comme l'automobile et l'agroalimentaire: l'allemand Daimler a annoncé mardi 3.500 suppressions d'emplois en Amérique du Nord, et l'américain Pepsico 3.300.
Selon le quotidien Nikkei, les constructeurs automobiles japonais Mazda et américain Ford ont renoncé à construire une usine commune aux Etats-Unis en raison de la dégringolade de la demande de voitures en Amérique du Nord.
Parallèlement, les prix du pétrole sont repartis à la baisse mardi à New York, les investisseurs étant rappelés à la réalité de la crise économique après la brève euphorie provoquée par les multiples mesures gouvernementales destinées à contrecarrer la crise financière.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en novembre a fini à 78,63 dollars, en baisse de 2,56 dollars par rapport à la clôture de lundi.
Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker avait déjà prévenu mardi "qu'il n'avait pas de raison de déclarer la fin de la crise financière" en dépit de la réaction positive des marchés au plan d'aide aux banques des pays de la zone euro.
Source : http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=60052&language=fr