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  le blog soueich

Toute l'actualité du monde, de la France, du Comminges, de Soueich. Informations alternatives aux médias menteurs.

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La belle légende

Voici quelques extraits du merveilleux poème de Henry Wadsworth Longfellow, intitulé « La belle Légende »

"Seul dans sa cellule,
Agenouillé sur des dalles de pierre,
Le moine priait avec contrition
Pour ses péchés et négligences;
Priait pour plus d'abnégation
Dans l'épreuve et dans la tentation.
Le cadran marquait midi,
Et tout seul était le moine
Soudain, comme dans un éclair,
Une lumière d'une splendeur extraordinaire
Illumina tout en lui et autour de lui
Dans cette étroite cellule de pierre,
Et devant lui était la vision bénie
De notre Seigneur, qu'un halo élyséen
Entourait d'un divin rayonnement,
Le recouvrant comme un vêtement."
Ce n'était cependant pas le Seigneur souffrant,

 mais le Christ nourrissant la
multitude et guérissant les malades.
Dans une attitude suppliante,
Les mains croisées sur sa poitrine,
Emerveillé dans son adoration.
Le moine était dans l'extase (...)
Alors, durant cette exaltation,
Il entendit avec consternation
Retentir la cloche du couvent
Qui, à travers cours et corridors,
Semblant ne vouloir cesser jamais,
Sonnait, sonnait sans arrêt."
C'était l'appel au devoir de nourrir les pauvres

 comme l'avait fait le Christ,
car il était l'aumônier de
la Fraternité.
L'hésitation et la détresse
Se mêlaient à son adoration;
Fallait-il s'en aller, ou bien rester?
Devait-il faire attendre les pauvres
Affamés à la porte du couvent,
Jusqu'au départ de la vision?
Devait-il négliger cet hôte radieux,
Manquer d'égards envers son visiteur
Pour une troupe de grossiers mendiants,
Se pressant à la grille du couvent?
La vision resterait-elle, ou non?
Reviendrait-elle après son absence?
Alors, en lui, une voix intérieure
Murmura, clairement et distinctement,
Comme tout près de l'oreille:
Fais ton devoir, cela vaut mieux;
Pour le reste, remets-t'en à Dieu
Aussitôt, il se met debout
Avec un regard désolé,
Vers la vision qu'il doit quitter,
Sort en hésitant de sa cellule,
S'éloigne lentement vers sa tâche.
A la grille, les pauvres attendaient,
Regardant à travers les barreaux
Avec des regards terrorisés
Qui sont le lot des malheureux
Dont les besoins, trop souvent,
Suscitent les portes qui se ferment,
Et le dédain des pas qui s'éloignent,
Habitués qu'ils sont à la disgrâce,
Accoutumés, hélas, au goût
Du pain par lequel on meurt!
Mais aujourd'hui, pourquoi leur semblait-il
Que la grille, en s'ouvrant lentement,
Etait comme la porte du paradis?
En son coeur attendri, le moine priait,
Songeant aux malheureux sans foyer,
A ce qu'ils doivent souffrir et endurer
A ce qui se voit ou ne se voit pas.
Et la voix intérieure murmura:
Quoi que ce soit que tu fasses
Envers le plus humble des miens,
C'est vraiment à moi que tu le fais.
A lui vraiment ? Mais alors,

Si la vision lui était apparue
Sous forme d'un hère déguenillé,
Se serait-il agenouillé devant lui,
Ou l'aurait-il écouté avec dédain
Avant de s'en détourner avec dégoût?
Ainsi le questionnait sa conscience
Pleine de troublantes suggestions,
Et finalement, d'une allure précipitée,
Il se dirigea vers sa cellule,
Et vit alors le couvent illuminé
D'une lumière surnaturelle,
Comme une nuée se déployant
Sur le sol, les murs et le toit.
Mais il s'arrêta émerveillé
Vers le seuil de sa porte,
Car la vision était toujours là,
Tout comme il l'avait quittée
Quand la cloche du couvent,
Semblant ne vouloir cesser jamais,
Sonnait, sonnait sans arrêt
Pour l'appeler à remplir sa tâche.
Durant cette heure interminable,
Elle avait attendu son retour,
Et il sentit son coeur se serrer
Comprenant soudain la signification
Quand la vision bénie lui dit:
Si tu étais resté, j'aurais dû te quitter!"

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