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29 Octobre 2008
| Ghada Houbalah |
29/10/2008
Trois jours après le raid américain contre un village syrien situe a la frontières irako-syrienne, Damas reste toujours autant déterminée à ne pas laisser passer cette affaire facilement. Une affaire qui, au grand dam des américains, risque fort de redorer le blason de la Syrie sur la scène internationale.
Jusqu'à maintenant, Damas joue la carte diplomatique, reflétant ainsi l'image d'un pays qui connait parfaitement les règles du jeu international et qui sait quand et comment il faut en tirer profit. Ainsi les critiques fusent de toutes parts : l'ensemble de la communauté internationale y compris les allies arabes des Etats-Unis, dénonçant une grave violation de la souveraineté de la Syrie. Alors qu'en face le Régime syrien, loin de perdre son sang froid, applique la politique du bâton et de la carotte.
Première étape :
Elle envoie plusieurs lettres à l'ONU demandant de rendre les Etats-Unis responsables de l'opération militaire meurtrière.
En effet, l'ambassadeur de Syrie aux Nations unies, Bachar Jaafari, a déclaré à la presse les avoir remis au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et au président du Conseil de sécurité : "C'est au président du Conseil de sécurité (ce mois-ci, l'ambassadeur de Chine Zhang Yesui) de décider, en consultations avec les Etats membres, des mesures qu'il conviendra de prendre".
Damas souligne également que l'opération intervient alors que "les Etats-Unis et l'Irak ont reconnu officiellement les grands efforts émis par la Syrie pour empêcher tout passage illégal vers l'Irak". Elle n'hésite pas de dénoncer la détermination de l'administration américaine à poursuivre ses politiques qui n'ont rien apporté d'autre dans la région, que la tuerie et la destruction.
Deuxième étape :
Elle adopte des mesures de représailles contre les Etats-Unis. Le Conseil des ministres a décidé la clôture du centre culturel et de l'école américaine. Réuni sous la présidence du Premier ministre Mohammad Naji Otri, le Conseil des ministres a demandé aux ministres de l'Education et de la Culture de «prendre les mesures nécessaires pour l'application» de cette décision.
Au cours de la réunion, les ministres ont dénoncé «le crime barbare qui représente le comble du terrorisme d'Etat pratiqué par l'administration américaine et qui viole la charte de l'ONU et la loi internationale», a indiqué notre correspondant en Syrie.
A ce titre le vice -ministre des affaires étrangères syrien Faysal al-mekdad avait déjà annoncé au cours d'un séminaire, que Damas avait la ferme intention de prendre des mesures de représailles politiques et législatives pour empêcher qu'un tel incident se reproduise.
Le Conseil des ministres a également décidé «le report de la réunion de la haute commission syro-irakienne», qui devait se tenir les 12 et 13 novembre.
Troisième étape :
Les principales villes syriennes se préparent pour organiser jeudi prochain, des manifestations populaires en guise de protestation contre l'agression américaine.
Mais encore, le ministre syrien des affaires étrangères Walid Mouallem a déclaré que si ces mesures s'avèrent être insuffisantes ou n'étaient pas convaincantes, « la Syrie est en train d'étudier d'autres options contre les Etats-Unis, et que l'administration américaine sait parfaitement qu'elles seront douloureuses ».
Source : http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=61755&language=fr