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6 Novembre 2008
Par Jacques ChemInade, le 3 novembre 2008
Ce tract est tiré à un demi-million d'exemplaires. C'est un cri d'alerte et une feuille de route.
Pourvu que nous nous ressaisissions, la grande crise mondiale peut être l'occasion de construire un monde meilleur. Elle peut aussi être ce qui va nous entraîner vers l'abîme.
Nous sommes face à une échéance décisive : la grande réunion monétaire et financière des vingt principaux pays du monde, le 15 novembre. Le défi est ainsi lancé aux responsables politiques, mais nous savons tous qu'ils ne sont pas à la hauteur.
Nous devons donc, nous autres citoyens, monter sur la scène de l'histoire.
I. Les vérItés qu'Il faut dire
Cette crise n'est pas seulement une crise financière, ni sociale, ni une récession économique. C'est plus qu'une dépression, c'est une crise de tout le système avec lequel nous vivons depuis plus de quarante ans.
Il faut en expliquer l'enjeu pour ne pas tomber dans les pièges qui nous sont tendus.
Ce qui s'effondre, c'est un casino monétaire, financier et boursier, c'est un régime de privatisation dans lequel quelques forts gagnent et les autres perdent toujours. Ce qui s'effondre, c'est une conception de l'homme définie par le gain immédiat et la possession. Comble de l'ignominie, les coupables, les Gordon Brown, les George W. Bush, les Henry Paulson et les Peter Mandelson, les croupiers du casino libéral anglo-américain, font intervenir les Etats pour sauver la banque. Ils créent des holdings bancaires comme au temps de Benito Mussolini et de Hjalmar Schacht, et offrent du cash aux spéculateurs pour les renflouer. Les Etats avalent ainsi leurs effets toxiques et vont s'empoisonner jusqu'à devenir eux-mêmes insolvables.
Pour effacer cette dette irremboursable, leur « solution » est l'hyperinflation. Au détriment des salariés, des retraités, des titulaires de minima sociaux, qui deviendront encore plus victimes. Ils savent qu'ils créeront ainsi les conditions de révoltes allant des classes populaires jusqu'aux classes moyennes. C'est pourquoi ils divisent pour régner, parrainent des provocateurs et mettent en place des moyens d'Etat policier (passeports biométriques, fichiers de toutes sortes, caméras de surveillance, drones et unités de Robocop pour les banlieues). La City de Londres, centre des opérations financières mondiales, Wall Street et leurs associés ont en tête la même logique que celle des années trente, lorsqu'ils mirent le pied d'Hitler à l'étrier de l'histoire.
Cependant, cette fois, le fascisme financier qui vient opérera avec les moyens de contrôle moderne, par le bourrage de crâne audiovisuel, la manipulation des images et la promotion d'une chasse aux boucs émissaires comme dans les jeux vidéo violents (Manhunt ou Army of Two): une culture de la mort et de la guerre.
II. un nouveau bretton Woods
L'homme politique américain Lyndon LaRouche et moi-même avons prévu cette crise, annoncé, comment elle se produirait et défini des pistes pour en sortir. Plus que les faux médecins, nous avons donc gagné le droit d'être écoutés.
Il faut d'abord remettre l'économie au service de ce que de Gaulle appelait en 1964, à l'Université de Mexico, « la cause de l'humanité ». Cause animée par ce travail dans lequel les vrais socialistes
et Jean Paul II, dans Laborem exercens, voient justement le moyen de « ressusciter les choses d'entre les morts ». Travail, c'est-à-dire création humaine, et non spéculation avec l'argent des autres ; création humaine, c'est à-dire découverte et application de grands principes physiques universels, sous forme de technologies.
Le 15 novembre, ainsi inspiré, l'agenda des chefs d'Etat devrait être :
1.
Un programme de grands travaux d'infrastructure à l'échelle du monde, pour créer l'environnement d'une croissance réelle ;
2.
Leur financement avec l'émission d'argent par les Etats, sous forme de crédit productif, au-delà de l'impôt et de l'emprunt, comme nous pouvions le faire en France avant la loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973 et comme la Constitution américaine autorise le Président à le faire, avec le consentement des représentants du peuple. Des dispositions des traités de Maastricht et de Lisbonne l'interdisent ; il faut les éliminer pour retrouver notre souveraineté nationale et refonder l'Europe.
3.
Dégager le terrain pour cette politique de banque ationale en organisant la banqueroute des spéculations, c'est-à-dire de tout ce qui n'engendre pas de richesse humaine réelle.
4. Interdire toutes les spéculations destructrices sur les produits dérivés et éliminer les hedge funds hyperspéculatifs en engageant la guerre contre les paradis fiscaux d'où ils opèrent, et en particulier contre la City, mère de tous ces paradis.
25000 km2 en 1963, 4000 km2 en 2001, 2500 km2 en 2008.
Revitaliser le lac Tchad pour donner un poumon d'eau
à l'afrique centrale, un projet commun de l'Humanité.
5.
Un système de parités fixes entre monnaies, par nature anti-spéculatif.
6.
Un instrument de référence commun pour régler les soldes des échanges entre les Etats (or ou panier de biens de première nécessité).


Jean Moulin résistant, Charles De Gaulle dans l'avion qui le mène à Londres : « Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde. »
Nicolas Sarkozy a critiqué le système existant, mais en fait, il tente de le sauver puisqu'il n'a pas prononcé les mots de « banqueroute organisée ». Or tant qu'on ne fera pas le triage des dettes illégitimes, on sera condamné à faire celui des êtres humains.
C'est une guerre. C'est seulement si nous la gagnons qu'on pourra arrêter chez nous les licenciements, la dégradation des minima sociaux, la chute de la part des salaires dans le produit intérieur brut, imposer la justice fiscale (sans bouclier pour les riches) et aller vers une vraie Europe, pas celle de la monnaie de singe et des cartels financiers.
La France peut et doit être le catalyseur de cette mutation. A condition de rejeter le « plan de gouvernance mondiale » de Dominique Strauss-Kahn et des banques centrales, de rejeter la loi de la City, du FMI et de Wall Street. Et de comprendre que l'indispensable combinaison, suffisamment puissante pour reconstruire un monde juste, est celle rassemblant la Russie, l'Inde et la Chine avec des Etats-Unis revenus à la politique de leurs pères fondateurs.
L'avantage des crises est qu'elles changent les règles du jeu. Il dépend de nous que ce ne soit pas pour le pire, mais pour le meilleur.

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