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  le blog soueich

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Quand la science rejoint les religions

Jean-Emile Charon était un physicien de renommé internationale, un très grand chercheur, auteur d'une « théorie de la relativité complexe. Il a écrit de nombreux ouvrages scientifiques pointus, mais aussi des ouvrages de vulgarisation dont : Treize questions pour l'homme moderne, L'homme et l'Univers, L'Esprit cet inconnu, Les Lumières de l'Invisible, etc...

Ci-dessous, un extrait de l'ouvrage « Et le Divin dans tout ça ? ». Des entretiens avec Erik Pigani paru en février 1998. Son Testament spirituel, puisque Jean-E. Charon devait décéder en juin 1998, quelques mois après la parution de ce livre. Bien sûr, ce court extrait ne peut refléter toute la pensée de Jean-E. Charon. L'entretien a commencé avant, et se poursuit après.
 

Pour en revenir à la création de l'Univers, vous êtes donc intimement convaincu qu'il n'a pas été créé par hasard ?

Pour moi, c'est une certitude. Cela s'est vérifié il y a peu de temps d'une manière scientifique, et toute la presse s'en est fait l'écho. Ceci parce que les astrophysiciens disposent aujourd'hui d'instruments fantastiques pour vérifier leurs théories, comme ces ordinateurs qui peuvent recréer les conditions initiales de la naissance de l'Univers. Alors, ils s'amusent beaucoup à élaborer des « univers jouets ». Les calculs sont compliqués, on s'en doute, mais le processus est simple : on programme les paramètres physiques connus, et on lance la machine. Comme je vous le disais, il s'agit de la vitesse de la lumière, de la masse des particules, etc. Or, si on introduit dans l'ordinateur les bons paramètres, on obtient notre Univers. Mais si on change ne serait-ce qu'une seule décimale d'une seule constante physique, on assiste à une série de catastrophes plus épouvantables les unes que les autres : l'Univers s'effondre sur lui-même, ou il est trop chaud, ou trop froid. La Vie ne peut donc pas apparaître !

 

J'avais longuement parlé de ce sujet avec Trinh Xuan Thuan, l'astrophysicien américain, auteur de La Mélodie secrète. Il a justement travaillé sur ces univers jouets. Il explique que le degré de précision qui a permis l'apparition de l'Univers, et de la vie, est comparable à celui d'un archet qui voudrait envoyer une flèche de l'autre côté de l'Univers dans une cible d'un centimètre ! Il exclut donc complètement le hasard. Lui aussi parle de Dieu, non dans le sens religieux du terme, mais plutôt dans celui d'un Principe créateur qui aurait ordonné et engendré notre Univers.

 

Il est fantastique de pouvoir entendre un scientifique de cette renommée affirmer sa position en public parce que, vous le savez, les physiciens et les astrophysiciens n'aiment pas vraiment faire intervenir le bon Dieu dans leur cuisine.

 

Oui. Bien qu'il ne soit pas le seul dans son cas, Trinh Xuan Thuan fait preuve d'un certain courage. Pour ma part, je regrette que certains grands savants que nous rencontrons régulièrement dans les colloques et les couloirs des instituts de recherche parlent facilement de leurs convictions spirituelles en privé, mais soient extrêmement frileux en public. Pour en revenir à notre propos sur la création de l'Univers, Teilhard de Chardin, en somme, tenait des propos équivalents. Je pense en particulier à sa définition du « point Oméga ».

 

Effectivement, le père Teilhard disait que l'Univers va toujours vers plus de conscience. Et c'est ce que je vous expliquais au sujet de la propriété néguentropique non décroissante de la lumière nouménale.

 

Suite à la publication de vos travaux, quelle a été la réaction des autorités de l'Eglise catholique ?

 

Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, elle n'a pas été négative. Il y a quelques années, j'ai exposé mes théories à Rome, au Centre culturel Saint­Louis-de-France, devant deux cents évêques et cardinaux. J'ai eu la surprise de constater que tous étaient passionnés par ces idées, et qu'ils acceptaient les thè­ses de Teilhard. Ils semblaient tous d'accord pour admettre l'existence non seulement d'un Esprit que les Occidentaux appellent l'âme, et les Orientaux l'Esprit universel, mais aussi d'une mémoire ! Cela dit, que l'âme puisse être une entité individuelle et puisse en même temps fusionner avec l'Univers tout entier reste pour moi un paradoxe que je n'ai pas encore résolu.

 

A une époque où il est question de dialogues interreligieux, vos théories semblent être justement compatibles avec toutes les religions.

Certainement. Mais pour moi, le plus important n'est pas seulement qu'elles puissent apporter un peu de tolérance entre les religions, mais surtout entre les gens. Ce dont nous reparlerons un peu plus loin. Pendant longtemps, j'ai été en contact avec le Dalaï-lama sur ce sujet-là, mais nous n'avons jamais réussi à nous rencontrer. Cependant, un jour, je suis allé donner une conférence dans la communauté tibétaine de Bernard Benson, en Dordogne. Tout le monde m'a écouté très attentivement et, à la fin, le plus vieux des lamas m'a dit : « Ce que vous venez d'exposer sur la mémoire de la matière est très intéressant, mais nous y croyons depuis des milliers d'années... » Alors, il m'a posé la question essentielle : « Mais qui regarde ça ? »

 

Et qui pourra y répondre ?

Chacun a sa propre réponse en soi. La matière, dès le stade élémentaire, avait un double regard : celui du créé, et celui du créateur. Aujourd'hui, le regard du Moi sur l'Univers le reconstruit artificiellement en fonction de nos préjugés parce que personne ne connaît l'Absolu. Et il y a le regard du Soi, qui fusionne avec l'Univers, et ne peut donc plus s'exprimer en termes de symboles. C'est un regard intuitif, silencieux, et nécessaire. Il englobe l'Univers d'un seul coup, mais ne peut se transmettre à autrui. Tout ce que l'on pourra exprimer ne sera que purement relatif. De plus, quand on s'élève sur les plus hautes marches de la Raison, on arrive toujours à ce que l'on appelle la pensée paradoxale. C'est-à-dire la possibilité de concevoir que le blanc est aussi noir... ou que la lumière est à la fois onde et particule.

 

Les Egyptiens, qui avaient une pensée globale, disaient simplement qu'une contrevérité n'annulait en rien la vérité contredite, que c'était une autre façon de s'exprimer, une continuation logique de la pensée. C'est un concept très difficile à intégrer pour les Occidentaux. Pensez-vous que ce type de réflexion pourrait changer la conscience matérialiste occidentale ?

 

André Malraux, dans une phrase aujourd'hui très célèbre - et que tout le monde utilise ! -, nous avait dit que le XXIe siècle serait spirituel ou ne serait pas. Je pense qu'il avait raison. Mais je suis sûr que le prochain siècle sera spirituel parce qu'il aura reconnu la dimension spirituelle de la matière. Et non dans la matière, comme on le dit si souvent lorsqu'on reste dans une pensée dualiste en mettant d'un côté la matière et de l'autre l'esprit. C'est un toutindivisible. D'autre part, on commence à prendre conscience que l'Univers est plus vaste que ce que l'on croyait parce que les recherches actuelles nous amènent à considérer que les quatre dimensions connues ne sont pas suffisantes. Il y a donc autre chose. Notre Univers aurait bien d'autres dimensions. Peut-être bien des univers parallèles. C'est un thème cher à la science-fiction, mais il faut savoir que, depuis quelques années, il est exploré très sérieusement par un certain nombre de scientifiques.

Maintenant, seul l'avenir pourra nous dire si tout cela est exact ou non. Et je pense qu'il faudra attendre encore assez longtemps pour avoir une réponse définitive. En tout cas, la machine est lancée, et si certains éléments matérialistes du monde de la science freinent des quatre fers pour ralentir le mouvement, il n'est d'ores et déjà plus possible de revenir en arrière.

 

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P
Intéressant, mais ce scientifique qui pense que le hasard n'est pas intervenu, et qu'un bon programme informatique pourrait décrire l'Univers, me semble proche des "anti-evolutionnistes" créationnistes et autres tenants du "dessein intelligent". Teilhard de Chardin - à mon sens- évolutionniste convaincu - mettait beaucoup de divin dans son point omega pour essayer de rendre sa théorie publiable sans censure de l'Eglise.Mais le débat est intéressant !Moi je pense, avec Deleuze,  que la noosphère n'est pas un "degré ultime", plus achevé qu'un autre, mais simplement une des strates qui s'emmèlent dans le réél...Sur ce... bon passage !!!eric
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B
<br /> Ce n'est pas avec les quelques lignes qui ont été publiées sur ce blog que vous pouvez vous faire une idée de la théorie de la relativité complexe qui est l'aboutissement de toute une vie de<br /> recherche. La relativité complexe ne contredit en rien la théorie évolutionniste et elle est complètement en accord avec toutes les sciences et des scientifiques de renommés mondiales tel que<br /> Rupert Sheldrake et Karl Pribram (biologistes), ou bien Trink Xuan Thuan (astro physicien). D'autre part, il n'est pas intrduit de "dessins intelligent" dans la relativité complexe.<br /> <br /> <br />
P
Un article très intéressant, pas forcément facile à comprendre. Il faut avoir une certaine expérience, une habitude de ce genre de discours ou une culture dans le domaine pour comprendre peut-être ? Une culture sûrement moins matérialiste. Ca fait écho à des choses que j'ai déjà ressenti, mais dont, rationnellement, je ne connais absolument rien."Cela dit, que l'âme puisse être une entité individuelle et puisse en même temps fusionner avec l'Univers tout entier reste pour moi un paradoxe que je n'ai pas encore résolu."Je ne sais pas si ça correspond tellement à la vision que j'en ai, ou plutôt au simple sentiment que j'ai en eu : pour moi ça veut dire que, alors qu'on dissocie l'intérieur et l'extérieur de nous-même, il n'y aurait peut-être pas dissociation ? Etre ET ne pas être ?
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