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21 Décembre 2008
écrit le 12/12/08
Plus les jours passent, plus l'affaire se dégonfle... mais plus la colère monte. La très spectaculaire opération de police n'était qu'un coup politique et médiatique. Il a suffi d'une occasion, une série d'actions de sabotage sur les lignes SNCF, pour enclencher la machine. Son but, désigner le nouvel ennemi intérieur : le « terroriste d'ultra-gauche ». Ce grossier montage basé sur du vent aurait de quoi faire rire si deux personnes (parmi les 9 inculpés) n'étaient pas toujours dans les geôles de la République et ne risquaient pas 20 ans de réclusion.
Le 11 novembre, une meute de flics de l'anti-terrorisme paradent encagoulés devant les caméras des journalistes qu'ils ont conviés dans un petit village de Corrèze. Et comme à son habitude, la presse aux ordres s'empresse de relayer le discours de la police et d'accréditer les thèses de la ministre. Oubliée la présomption d'innocence, on s'empresse de dresser un portrait-robot des prétendus « terroristes » et de surenchérir sur la menace que représenterait cette « mouvance anarcho-autonome ». On a des coupables, des radicaux qui auraient « adopté la méthode de la clandestinité » (dixit Alliot-Marie) et sur lesquels les services de renseignement se penchent depuis plus d'un an. Auteurs ou lecteurs de littérature subversive, ils-elles auraient même en allergie les nouvelles technologies de communication. Plus de doutes, ces insoumis menaçaient l'ordre et l'Etat! Face à la multiplication des révoltes et des illégalismes, autant de signes d'une inadaptation croissante à ce monde sans vie, il fallait frapper fort et faire des exemples.
Le terrorisme est un alibi commode pour justifier la destruction des libertés via l'instauration de « lois d'exception » qui deviennent permanentes (voir le travail du groupe juridique). Cette affaire des caténaires illustre bien une volonté de criminaliser des modes de vie autonomes, la pensée critique et des pratiques alternatives. Aujourd'hui manifester notre solidarité avec les sans-papiers ou tenter de fuir la tristesse de la mégalopole en renonçant à la pauvreté des liens humains et à la dureté de l'ordre social fait de nous des « terroristes ». Il y bien longtemps que ce mot a été vidé de son sens. Oui, répétons-le, nous sommes tous des terroristes !
Les soutiens aux interpellés de Tarnac et d'ailleurs n'ont pas tardé à se manifester. Un comité de soutien s'est créé et la solidarité s'organise un peu partout en France et dans le monde. L'appel à constituer des comités locaux est lancé.
-Lire la lettre des parents des inculpés et la pétition.
-Manifestations et actions de solidarité : à Rennes, Toulouse, Moscou, etc.
-Lire les communiqués de la CNT Santé-Social, d' Anaram Au Patac, du Collectif Persichetti.
-Déjà, la solidarité est réprimée. A Paris, et en Belgique (lire le témoignage de l'arrestation d'un membre du comité belge de soutien).
-Pour suivre l'actualité de l'anti-terrorisme, lire le dossier "Mauvaises intentions" sur Infokiosque.net.
Source : http://grenoble.indymedia.org/