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6 Mai 2006
En 1966, le gouvernement FLN de l’époque fit rapatrier de Damas à Alger, la dépouille de l’un des plus grands des Algériens : Abd El-Kader. Mais ce n’était pas pour en faire le symbole de la tolérance que le gouvernement algérien en faisait son héros national, mais pour en faire le symbole de la résistance face à l’envahisseur français. C’est d’ailleurs la seule facette du personnage qu’ont retenu nos livres d’histoire : un farouche guerrier, insaisissable, qui finit par se rendre à l’armée française après 17 ans de lutte et la promesse d’un exil en Orient. Promesse qui ne sera pas tenue puisqu’il fut détenu à Toulon, puis à Pau, et enfin en résidence surveillée à Amboise. Il sera libéré par le prince président Charles Louis Napoléon Bonaparte en 1852, juste avant son coup d’état du 2 décembre. Abd El-Kader gagnera Mais Abd El-Kader n’était pas un guerrier ordinaire. C’était un mystique. Sa vie et ses écrits le prouvent amplement. En 1860, il place sous sa protection, des milliers de chrétiens cherchant à fuir les pogroms sanglants qui éclatent en Syrie et au Liban. Ce sauvetage lui vaudra une énorme popularité en Occident, de nombreuses décorations dont Il a écrit aussi : « Si tu penses et crois qu’Il (Dieu) est ce que professent et croient toutes les écoles de l’islam, Il est cela, et Il est autre que cela ! Si tu penses qu’Il est ce que croient les diverses communautés - musulmans, chrétiens, juifs, mazdéens, polythéistes et autres -, Il est cela et Il est autre que cela !... Nul ne Le connaît sous tous Ses aspects, nul ne L’ignore sous tous Ses aspects... Il embrasse les croyances de toutes Ses créatures, de même qu’il les embrasse de Sa miséricorde...»