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30 Mai 2006
Nous habitons une région où les animaux ont bien de la chance de vivre en liberté dans des près bien verts. Vaches, moutons, poules, canards, etc., peuvent goûter la vie. Ce n’est malheureusement pas les cas partout. Quand nous parcourons le pays, il est des bâtiments que nous remarquons presque partout, ce sont des espèces de grands hangars aux murs gris, avec très peu ou pas du tout d’ouverture et aux abords des quelles se dégage une odeur fortement désagréable pour ne pas dire pestilentielle.
Ces hangars servent de prison à des animaux destinés à se retrouver un jour dans notre assiette sous forme rosbifs, de gigots ou autres préparations culinaires dont nous avons la science. Il y a là, sous ces toits chauffés par le soleil et qui en été dégagent une chaleur étouffante, des poules ou des canards ou bien d’autres volatiles. Ce peut être aussi des veaux, des vaches, ou des cochons.
Au nom d’une agriculture ultra productive, ces animaux vivent dans les plus atroces conditions qui puissent être affligées à un être vivant :
- Espace alloué à chaque animal réduit au minimum, ce qui entraîne l’impossibilité des mouvements les plus indispensables comme se retourner, se coucher, se gratter.
- Mutilation à vif. On coupe les cornes des vaches, les canines des porcelets, les becs des volatiles. On castre les mâles.
- Enfin ces animaux sont mal nourris. Ce n’est pas qu’ils soient sous alimentés, bien au contraire, ils ont en quantité plus que suffisante, mais c’est une nourriture industrielle issues de tous les déchets d’autres productions alimentaires ou cliniques telle que farines animales ou placenta humain et injections hormonales.
Bien sûr, ces animaux sont malades, on le serait à moins, et pour les soigner et les maintenir en vie jusqu’à ce qu’ils soient bons pour l’abattoir, on les bourre d’antibiotiques.
Inutile de vous dire que les produits issus de ces élevages intensifs qui se retrouvent au bout de la chaîne dans notre assiette conservent dans leurs molécules la mémoire de toutes les souffrances subies par les animaux et de tous les produits chimiques qui leurs ont été injecté auxquels nous devons ajouter les colorants et les conservateurs surajoutés par la grande distribution. En définitive, ce que nous mangeons est d’une qualité bien médiocre et vecteur de maladies que l’humanité n’avait jusqu’alors jamais connues.
Les conséquences sur notre santé de l’élevage intensif sont donc très nettement négatives et elles le sont aussi sur le plan humanitaire car pour satisfaire notre boulimie de viande les pays du tiers monde sont également mis à contribution, alors que dans ces pays existe une sous-alimentation chronique. Ainsi, par exemple, au Brésil il existe trente-huit millions de sous-alimentés, or le tiers des terres cultivables sert à l’alimentation du bétail qui nous est destiné.
Dans sa généralité, l’agriculture intensive ne respecte, ni l’homme, ni l’animale, ni la nature, ses seules préoccupations n’étant que productivité et rentabilité. Nous en avons une triste confirmation dans le massacre de troupeau entier suite aux épidémies de "vache folle" et de fièvre aphteuse, ou de grippe aviaire.
On nous parle, pour désigner des nouvelles maladies qui apparaissent ou qui se développent de façon anormale de « maladie de civilisation ». Mais peut-il réellement y avoir des maladies de civilisation ?
Être civilisé c’est par définition vivre en harmonie, en particulier, avec soi-même et son entourage, et, d’une façon plus générale, avec tout son environnement. La maladie, quant à elle, se déclare suite à une rupture d’harmonie. Il y a donc dans cet assemblage de mots « maladie de civilisation » deux termes contradictoires qui s’excluent l’un et l’autre. Ou il y a moins de maladies, et la civilisation progresse. Ou il y a plus de maladies, et la civilisation régresse. La civilisation ne peut en aucun cas être vecteur de maladie ou alors c‘est qu’elle est rétrograde. S’il y a maladie, c’est que nous utilisons mal les découvertes et les techniques qui sont à notre disposition.