En Iran, une jeune étudiante française, Clotilde Reiss, maître de conférence pendant 5 mois à l'université d'Ispahan a été empêchée de quitter le territoire iranien et est détenue depuis le 1er Juillet. Selon les autorités françaises elle aurait été arrêtée et incarcérée pour avoir pris des photos lors de manifestations post électorales. Pourtant, cette explication est plus que douteuse. Alors même que de nombreuses photos ont circulé sur internet, pourquoi la gouvernement iranien, qui a intérêt à ce que le calme médiatique revienne, irait-il arrêter une française pour quelques photos prises, au risque de provoquer un incident diplomatique avec la France ? Les raisons avancées par le Quai d'Orsay et l'empressement de Sarkozy à tourner en dérision les accusations d'espionnage avancées par Téhéran, semblent indiquer qu'il y a "anguille sous roche".
Clotilde Reiss présentée par les médias français comme une "amoureuse de la culture perse" a obtenu une licence d'histoire de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, un dulco de persan de l'Inalco, un Master 1 de relations internationales à l'IEP de Lille. Présentée comme chercheuse en Master 2 en "Politique comparée" à l'Institut d'Etudes Politiques de Lille, de mars à juin 2008 elle a bénéficié d'une bourse de courte durée de l'IFRI, l'Institut français des relations internationales. Son domaine de recherche déclaré est la sociologie politique en Iran. Elle a ensuite trouver ce poste à l'Université d'Ispahan.
L'IFRI, qui a donc brièvement financé ses études, n'est pas n'importe quel institut. Il se présente sur son site comme étant
"l’un des principaux centres indépendants européens de recherche, de rencontres et de débat sur les questions internationales" dont l'originalité toujours d'aprés son site
" est inscrite dans une ferme volonté d’orienter les travaux de recherche vers l’action." Néanmoins, il ne précise pas vers quel type d'action.
Parmi les membres de l'IFRI, on trouve des missions et représentations diplomatiques. Mais, cultivant le secret, l'IFRI interdit à ses membres de révéler publiquement leur appartenance à cet institut sans son accord. Il a été créé en 1979 par Thierry de Montbrial, un proche du ministère des affaires etrangères au Quai d'Orsay où il a mis sur pied le Centre d'analyse et de prévision et en a été le premier directeur (1973-1979). Thierry de Montbrial est un habitué des réunions du Groupe Bilderberg et un proche de la FAF, French American Fondation (qui a un siège à New York et un autre à Paris), dont l'objectif tel que définit par la Fondation elle-même est
"de renforcer la relation franco-américaine considérée comme un élément essentiel du partenariat transatlantique" et qui attire à elle des personnalités du monde politique, économique français, de droite comme de gauche.
L'IFRI est une association reconnue d'utilité publique (loi de 1901) qui offe la possibilité à ses membres de participer aux grands débats internationaux.L'IFRI lui-même déclare qu'il
"joue un rôle important dans la "diplomatie intellectuelle". En ce qui concerne son financement, toujours selon son site,
" l’Institut a mis l’accent sur la diversification de ses sources de financements et présente aujourd’hui une forme originale en France, de partenariat public-privé. Ses ressources proviennent pour moitié environ du secteur public et pour moitié du concours de ses membres, de contrats d’étude et de recherche conclus avec des entreprises et différents organismes français, du financement de programmes de recherche par des organismes internationaux (Commission européenne, etc.) ou de fondations internationales." Clotilde Reiss fournit comme coordonnées à Téhéran, celle de l'IFRI :
IFRI, 52, Rue Adib, Ave Vahid Nazari, Ave. Felestin, Téhéran, Iran, tél:











(+9821) 6...
et 66 41 21 53, fax : (+9821) 66 40 55 01 - clotilde.reiss@gmail.com
Ispahan, où a séjourné pendant 5 mois Clotilde Reiss, n'est pas n'importe quelle ville d'Iran. Ancienne Capitale de la Perse connue pour ses magnifiques mosquées, ses palais et ses jardins, son art de vivre, ses artistes et poètes et ses fleurs, elle est également classée au patrimoine de l'humanité. Ce serait donc selon les médias français pour toutes ces raisons que Clotilde Reiss aurait choisi d'y séjourner. Mais, c'est aussi au nord d'Ispahan que se trouve le principal site d'enrichissement d'uranium iranien celui de Natanz, dont les activités sont surveillées de près par l'AIEA.. Il compte aussi des installations de recherches sur le nucléaire. A la centrale d'Ispahan on va transformer l'uranium enrichi en pastilles de carburant nucléaire. En avril dernier, le président iranien, Mohamed Ahmadinejad avait révélé que son pays faisait tourner environ 7.000 centrifugeuses à Natanz, et que le pays avait testé
"deux nouveaux types de centrifugeuses d'une plus grande capacité que celles existantes". Alors qu'elle genre de photos Clotilde Weiss, qui a récemment bénéficié d'une bourse IFRI dont le président, proatlantiste, est un habitué des réunions du groupe Bilderberg, un proche du Quai d'Orsay et de la Sarkobarbouzerie, a--t-elle prises à Ispahan ? De simples photos des manifestations post électorales ? Où des photos pouvant compromettre la sécurité de l'Iran, raison pour laquelle le gouvernement iranien l'accuse d'espionnage ?
A-t-elle joué les Mata Hari à Ispahan ?