Toute l'actualité du monde, de la France, du Comminges, de Soueich. Informations alternatives aux médias menteurs.
14 Septembre 2009
On m'a souvent posé la question : « Brigitte, êtes-vous heureuse ? »
Je pourrais l'être, j'ai tout ce qu'il me faut, je ne manque de rien, je n'ai pas de gros désirs et ma retraite est suffisante pour couvrir mes modestes besoin. Je devrais donc être heureuse.
Mais comment être heureuse quand on voit la misère grandissante autour de soi, quand on sait que chez telle famille on ne mange pas tous les jours à sa faim. Oui, il y a quelque chose au fond de moi, dans mon inconscient qui m'empêche d'être tout à fait heureuse, et je crois bien que ce quelque chose est justement la conscience que j'ai de l'état de notre monde, de la décadence de notre civilisation, et surtout que notre pays, la France, est bien engagé dans ce déclin.
Jusque vers les années 1970, en France tout au moins, nous vivions dans une société solidaire et apparemment équitable. Nos hommes politiques étaient encore à l'écoute des citoyens et il semble que le pouvoir était encore entre les mains du peuple. Puis avec la mondialisation des échanges commerciaux et financiers, le pouvoir s'est peu à peu éloigné du peuple. Celui-ci croyait le retrouver, en élisant en 1981 François Mitterrand à la présidence de la République, mais le peuple a été trahi par ce dernier.
Aujourd'hui, le pouvoir n'est plus aux mains du peuple. Il y a bien toujours des élections, mais nos hommes politiques sont sous tutelle de puissant groupes oligarchiques qui tiennent la presse et les banques, et une fois les élections passées, les promesses faites pendant les campagnes électorales sont vîtes oubliées, et la gouvernance du pays est faite dans l'intérêt de ces groupes oligarchiques qui est confondu avec l'intérêt du pays et du peuple. Nos hommes politiques ne sont plus que des pantins entre leurs mains. S'ils n'obéissent pas aux ordres, on coupe les ficelles et les pantins tombent.
Aussi voit-on notre Sécurité Sociale mis à mal sous le prétexte de déficit chronique, notre système de retraite par répartition peu à peu supplanté par un système par capitalisation sous prétexte du vieillissement de la population. De faux prétextes, car si le chômage des jeunes n'atteignait pas des records, les caisses de la Sécurité Sociale et des retraites seraient mieux remplies et on allonge l'âge de départ à la retraite et dans le même temps on licencie les plus de 50 ans. On privatise les services publics au détriment des besoins de la population pour satisfaire des intérêts financiers.
La corruption est enracinée dans le modèle pervers et égoïste engendré par le néolibéralisme, au travers des privatisations, des endettements chroniques et malhonnêtes et des saccages institutionnalisés comme le permis de voler donné aux banques.
Nous sommes dans un système économique qui génère toujours plus de misère et d'inégalité, et qui détruit les fondements de notre société. Tout ce que nos anciens avaient érigé en justice sociale et en service rendu aux citoyens est peu à peu anéanti pour satisfaire les appétits des places boursières.
On nous dit que c'est un mauvais passage, que d'ici quelque temps tout ira mieux ! Mensonge ! On ne peut pas créer de justice par la suprématie du capital sur l'homme. La justice, c'est de placer l'homme en priorité.
Le chômage croissant est bien là pour nous prouver qu'on sacrifie les salariés sur l'autel du marché et qu'il en sera toujours ainsi puisque cela fait près de quarante que ça dure.
Qui sera capable de stopper cette arnaque monumentale, entouré d'un halo de respectabilité que l'on nomme « la dette publique »?
Personne durant ces dernières décennies n'aura été capable de stopper cette invasion de parasites ; des légions de technocrates vendent le pays, vivent et profitent sur le compte de la dette au détriment du peuple. Cet état de chose a atteint de tels niveaux de perfectionnement et d'institutionnalisation que nous continuons à payer des impôts pour payer les intérêts de l'argent dû, alors que dans le même temps les banques sont renflouées par de l'argent public.
Qui sera capable de mettre fin au cannibalisme du système qui corrompt toute activité humaine, qu'elle soit artistique, scientifique, technique, agricole, sportive..., pour la soumettre aux lois des marchés financiers ?
Ce n'est certainement pas à l'UMP ou au PS que nous les trouverons. Ceux-ci nous ont déjà largement démontré qu'ils sont de connivence avec les oligarchies. Ce n'est pas non plus au sein du syndicalisme actuel qui est de mèche avec le système sinon il y a bien longtemps qu'ils auraient demandé une grève générale. Ce ne sont pas ces mouvements de 24 heures à répétition, quel qu'en soit l'ampleur, qui entraineront un changement de politique significatif.
On ne peut d'ailleurs se contenter de quelques ajustements. C'est tout le système qui doit être balayé. Une révolution est urgente si nous ne voulons pas être entrainé dans des violences incontrôlables. Une révolution qui mettra l'homme en avant, et les activités humaines au service de l'homme.