
Le Comminges n'est pas encore la poubelle de Midi-Pyrénées, mais nous sommes déjà celle des 2/3 de la Haute-Garonne, d'une partie de l'Ariège, des Hautes-Pyrénées et du Gers.
La moitié des déchets ménagers enfouis dans la méga décharge de Liéoux, proviennent de l'extérieur du Comminges. En effet elle reçoit des déchets de quatre départements et ce depuis 1980, date à laquelle les Conseils Généraux n'avaient pas encore la compétence « déchets ». Aujourd'hui le Conseil Général de chaque département est responsable de la politique des déchets de son département. Il y a donc quatre politiques, qui ne tendent pas forcément vers le même but. C'est une incohérence à signaler dans la gestion des déchets menée dans le Comminges.
Cette gestion, dont l'impact sur les transports est considérable, doit donc tenir compte des objectifs de réduction de gaz à effet de serre fixés par le Protocole de Kyoto. Le tri optimal et de petits centres de stockage réduiraient considérablement les transports en comparaison d'une méga décharge comme celle de Liéoux. Ces excès de transports coûtent aussi très cher au niveau économique (prix du carburant, entretien des routes, risques d'accidents multipliés...). Pourtant, la proximité et la gestion directe permettent d'obtenir des solutions évolutives.
Les maires, responsables de l'élimination des déchets de leurs communes, peut-être par méconnaissance ou par facilité, laissent cette responsabilité en délégation à un prestataire privé ou en régie publique. Nous pensions que le service public étant au service des citoyens, la diminution des déchets en serait le but principal. Il n'en est rien. Le responsable du C.E.T de Liéoux, porte-parole des maires, nous a surpris par ses déclarations sur leur gestion des déchets. Si la réduction des déchets à la source, la production propre, la réutilisation, la réparation et le recyclage, venaient à faire baisser le tonnage à enfouir et mettaient en danger la « pérennité » du CET, il serait prêt à faite venir des déchets d'ailleurs. Il s'exprime, comme un patron d'entreprise privée, en terme de rentabilité. Ce critère économique incite aux projets d'extension de décharges existantes. Pour justifier l'agrandissement de la méga décharge il n'hésite pas à nous déclarer que c'est ça ou l'incinération. Argument fallacieux car l'agrandissement de la décharge de Liéoux n'empêchera pas l'implantation d'un incinérateur dans le Comminges. Nous refusons ces deux solutions.
Comment dans ces conditions croire à une réelle volonté de réduction des déchets ménagers ? Pour la ville de Saint-Gaudens une collecte des « fermentescibles » (déchets alimentaires) va être mise en place uniquement pour les particuliers, mais ni l'hôpital, ni les restaurants, ni les cantines, ni les maisons de retraite ne seront concernés. De même des composteurs vont être proposés aux Saint-Gaudinois qui le désirent. Par contre dans les communes avoisinantes ni collecte de « fermentescibles » ni composteurs ! Il s'agit d'une nouvelle incohérence de la gestion des déchets menée dans le Comminges.
Comment cela se passera-t-il sur les 235 autres communes ? Et sur le département de la Haute-Garonne en son entier ? Nous pensons, que le Plan départemental des déchets de la Haute-garonne va à contre courant de la politique menée actuellement sur les déchets, d'autant plus que la réduction des déchets a aussi un impact sur l'économie générale des communes et à terme sur celle des résidents. Nous regrettons que la Région, qui n'a qu'un rôle consultatif sur les plans départementaux des déchets, ne puisse mener dans ce domaine une politique d'orientation, d'incitation ou de coordination.
André Artigue, Le président de Ce Collectif Inter associatif et Lean-Paul Jardel, ancien épidémiologiste de l'OMS
Source : Le Petit Journal - l'Info locale - Comminges - Sud Garonne. N°55 semaine du 16 au 22 novembre 2006