C'est un aveu d'une écoeurante sincérité! Devant les caméras du monde entier braqués sur sa misérable personne, Saddam Hussein vient de reconnaître, "avec fierté" avoir gazé des centaines de soldats et de civils iraniens, pendant sa sale guerre contre l'Iran. Cynique fierté, que celle de cette bête sans crocs, ni griffes, et mis en cage! Si venue de Saddam, aucune attitude, aucune déclaration ne peut surprendre, à part celles qui méritent d'être prises à la lettre et sanctionnées. Aucun tyran, quelque cruel qu'il soit, n'a le droit de se réjouir des aberrations qu'il a commises, et le boucher de Bagdad n'échappe pas à la règle. Sa carrière de tueur-Président n'a jamais cessé d'être une valse mortuaire entre les crimes commis, à l'encontre de son propre peuple, et ceux perpétrés, à l'encontre des peuples voisins. On l'a jugé, hier, pour le génocide d'Anfal, et on le rejugera, sans doute, pour celui de Halabcha. Mais parle-t-on assez de ces centaines d'anciens soldats de guerre iraniens, dont la vie n'est plus, à la faveur des poussées du criminalisme d'un demi-fou, qu'un "interminable calvaire"? Y a-t-il une instance juridique internationale, une seule, qui ose se pencher sur la question de la vente d'armes non conventionnelles à Saddam, entre les années 1980 et 88, alors qu'il se trouvait en pleine guerre contre l'Iran? Saura –t-elle dire que l'Amérique des Bush l'encourgeait, à l'époque, à user et à abuser des bombes chimiques et biologiques, face à l'Iran, pour l'annihiler, lui et ses forces défensives? Bien sûr que non. Le procès, qui se déroule, en ce moment même, à Bagdad, ne couvre qu'une infime partie des incommensurables crimes perpétrés par le Dictateur. C'est mieux ainsi. En effet, sinon, comment feraient une Amérique, une France, une Allemagne et des Pays-bas, pour répondre de leur âpre complicité, de leur commerce immoral d'armes avec Saddam, commerce qui les a menés à remplir ses stocks d'armes chimiques d'engins mortels, en échange de quelques poignées de dollars! Ce serait, bien évidemment, une catastrophe, pour ces pays "démocratiques" et "démocratisants". Autant donc s'en tenir au silence et laisser le Fauteur poursuivre ses délires verbaux.