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  le blog soueich

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Subventions aux associations

C’est un des secrets les mieux gardés de la République. Nul ne sait, au juste, combien d’argent public touchent les associations loi de 1901 en France.
La monographie* de Contribuables Associés évoque le chiffre d’1,5 milliard d’euros par an. C’est une estimation, car il n’existe pas de recension exhaustive des subventions. Toutes sortes d’association bénéficient de ces largesses. L’État et les collectivités locales soutiennent tout et n’importe quoi. En 2002, une mystérieuse Association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre Mnémosyne a touché 30 000 euros de la part du ministère de la Santé. Moules Frites association a reçu 4 000 euros. Quant au Syndicat national des entreprises gaies (SNEG), il a touché 3,5 millions d’euros cumulés sur 2001 et 2002. Qui oserait être contre la lutte contre le sida ?
On touche là à l’un des traits caractéristiques de la subventionnite associative : le politiquement correct. Dès qu’une association affirme travailler pour une cause humanitaire, sociale ou caritative, les élus ne résistent pas : la larme à l’œil, ils mettent une main sur le cœur et l’autre au portefeuille. Notre portefeuille. Parfois, l’administration vole au secours d’un secteur en difficulté ou mal géré. Un Fonds national des courses et de l’élevage a ainsi été crédité de 2 millions d’euros. Le rapport de la Cour des comptes de 2004 préconisait, lui, une réorganisation du monde des courses. Cette solution n’a pas été retenue.
Mais l’État peut aller plus loin dans l’absurde : témoin cette subvention de 31 millions à l’Association pour la célébration de l’an 2000… accordée en 2002!
Les conséquences de cette situation? D’abord un gigantesque gâchis financier et moral : outre que ces sommes pervertissent le sens du bénévolat chez les responsables d’association, elles sont dilapidées en pure perte, alors qu’elles pourraient être consacrées, par exemple, au remboursement de la dette. Ensuite, la constitution d’une sorte de zone grise entre le secteur privé et l’administration. Ces associations privées nourries au lait de l’argent public sont comme la chauve-souris de la fable : je suis privée, voyez mon statut, je suis publique, voyez mon financement. Certaines sont des faux nez de l’administration, dont l’État se sert pour accomplir des tâches qu’il ne veut ou ne peut effectuer. Comme l’AFPA, l’Association pour la formation professionnelle des adultes : 517 000 euros en 2001.
Plutôt que d’aider directement les associations, l’État ferait mieux de défiscaliser largement (beaucoup plus qu’aujourd’hui) les dons effectués aux associations. Ces dernières bénéficieraient de moyens pour subvenir à leurs besoins, et les citoyens seraient libres de soutenir la cause de leur choix.
 
 
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