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  le blog soueich

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Israël est choqué par le choix de Védrine pour les Affaires étrangères

Jerusalem Post par Yaniv Salama-Scheer et Herb Keinon le 14 mai 2007
Par
Thème : France
 
Traduction : Objectif-info
 
Au cours du week-end, Jérusalem a été à la fois "choqué" et "déçu" par la proposition du président nouvellement élu, Nicolas Sarkozy, de nommer le socialiste Hubert Védrine au poste de ministre des affaires étrangères.
 
Védrine, une personnalité bien connue mais peu appréciée à Jérusalem, a été ministre des affaires étrangères du premier ministre Lionel Jospin de 1997 à 2002.
 
Au moment de la montée en puissance des violences palestiniennes qui ont débuté en septembre 2000, Védrine a plaidé au sein de l'Union européenne pour des sanctions économiques contre Israël.
 
Sarkozy s'était engagé à révolutionner la politique française et à rendre sa place à son pays, à parité avec les poids lourds européens, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Il a surpris beaucoup de monde en formulant cette offre, rapportée par les médias français au cours du week-end, à Védrine, une personnalité de gauche dont le mandat de ministre des affaires étrangères a été marqué par une orientation pro arabe et pro palestinienne.
 
Cette nomination semble en contradiction flagrante avec l'espérance de Jérusalem que l'élection de Sarkozy ouvre une ère nettement plus chaleureuse des relations franco-israéliennes.
 
"Bien que nous en ayons été ravis, nous savions que ce ne serait pas un jardin de roses" disait un diplomate de Jérusalem de la présidence de Sarkozy. "Voila la première épine."
 
En même temps, poursuivit le diplomate, les Israéliens doivent avoir en tête que lorsqu'il sélectionne une personnalité pour en faire son ministre des affaires étrangères, Sarkozy prend en compte ses propres impératifs politiques et il ne se demande pas nécessairement "est-ce que c'est bon pour Israël?"
 
"Nous ne sommes pas la seule chose dont il se préoccupe". Le choix de Védrine, ajouta-t-il, a deux aspects : d'abord, il est conforme à ce que Sarkozy disait pendant sa campagne en s'engageant à désigner des professionnels dans son gouvernement indépendamment de leur affiliation politique, et en second lieu, il illustre son désir de faire preuve d'un esprit d'ouverture vis-à-vis de la gauche française.
 
Selon le diplomate, le choix de Védrine montre que Sarkozy veut avoir à ce poste quelqu'un qui soit sous son autorité totale, puisque Védrine n'est pas l'un des chefs du parti socialiste. Védrine, qui avait été le premier conseiller diplomatique du président François Mitterrand, puis ministre des affaires étrangères sous Jospin et Jacques Chirac, a une réputation de fidélité et d'efficacité au service de ses chefs.
 
Patrick Devedjian, un important conseiller politique de Sarkozy, a dit que Védrine n'aurait aucun problème pour travailler sur la base de la plateforme de politique étrangère proposée par Sarkozy. "Quand on entre au gouvernement, c'est que l'on est prêt à mettre en pratique la politique présidentielle".
 
Cependant, dans une interview donnée en janvier au journal pan arabe Al-Hayat, Védrine déclarait que les "Palestiniens… souffrent d'un grand malheur et d'un chaos absolu à cause d'une politique menée par les États-Unis et les partis de la droite israélienne."
 
Alors que Sarkozy a affirmé à plusieurs reprises qu'il ne reconnaîtrait pas le Hamas et le Hezbollah et n'entamerait pas un dialogue avec eux, et que la menace iranienne devait rencontrer l'unité et la fermeté des dirigeants européens, Védrine défendait, lui, une toute autre approche.
 
"Pour ce qui est de la France, j'appelle depuis toujours à maintenir ouverts les canaux du dialogue avec l'Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. Je me réjouirais que la France prenne ce chemin " disait-il.
 
Un proche de Sarkozy a dit au Jerusalem Post ce dimanche qu'une des raisons qui a poussé Sarkozy regarder du coté de Védrine est le réseau de contacts que l'ancien ministre a conservé de son passage aux affaires étrangères, particulièrement dans les pays arabes.
 
"Il a des amis dans le monde arabe, et il y conserve un peu plus d'influence que les autres noms qui ont été avancés pour ce ministère".
 
Védrine "a été l'un des pires ministres des affaires étrangères pour Israël à l'époque, et ce serait la même chose aujourd'hui," a poursuivi cette personnalité.
 
Ce dimanche, Védrine n'avait pas accepté l'offre, mais si sa nomination devenait officielle, ce serait probablement vécu comme un outrage par la communauté juive française, a déclaré au Jerusalem Post un responsable de l'UMP, le parti de Sarkozy. "Il y aurait des frictions avec la communauté juive. Les juifs de France pensaient qu'il y aurait un gouvernement sioniste en France, et pour eux il s'agit d'un scandale. Ils ne le porteront plus dans leur cœur".
 
 
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