Cela va devenir une habitude. Comme l’an dernier à la même époque, Bercy nous chante sa rengaine : vive la déclaration préremplie, gage d’efficacité, de rapidité, de simplicité !
Ces affirmations péremptoires, souvent reprises par la presse, sont hélas à nuancer sérieusement. L’efficacité ? L’exemple de l’an dernier le prouve à l’envi : les erreurs ont été nombreuses, obligeant nombre de contribuables à protester auprès de leur centre des impôts, et à rectifier leur déclaration. Bercy l’admet d’ailleurs sans difficulté : la marge d’erreur serait de 16 %. On voit mal, dans ces conditions, en quoi consiste le progrès que constitue le préremplissage.
Autrefois, le contribuable remplissait lui-même ; aujourd’hui il vérifie et, le cas échéant, complète ou corrige. Alors où est le gain de temps ? Peut-être chez les fonctionnaires des impôts ? Dans ce cas il faudrait supprimer des postes de fonctionnaires. Soyons rassurés de ce côté : le Syndicat national unifié des impôts (SNUI) est là qui veille. Jusqu’ici, quelle que soit la couleur du gouvernement, rien ne s’est jamais fait au ministère des Finances sans son aval. Par ailleurs, l’expérience montre que les contribuables victimes de « petites » erreurs renoncent à rectifier leur déclaration. Et si l’administration des Finances allait mettre le nez dans leurs affaires ? Enfin, le principe même de la déclaration pré- remplie est en contra– diction avec « l’impôt citoyen » dont on nous - rebat les oreilles.
Dans un pays libre, où le système déclaratif est la règle, chacun doit - déclarer ses revenus en prenant ses responsabilités. Aujourd’hui, c’est l’administration qui prétend s’en charger. Un pas de plus vers la déresponsabilisation des citoyens…