Combien êtes-vous de par le monde,
A vous frayer un chemin à travers la vie,
Cherchant un port d'espérance féconde,
Pour y jeter l'ancre de votre survie !
Au nom de la liberté ou de l'amour,
Au nom de la justice ou de la vérité,
De votre vie vous avez changé le cours,
Et vous vous êtes un jour déracinés.
Partis à l'aube pour passer la frontière,
En grand silence, seul le ciel fut témoin,
Avec pour seul bagage, le cœur en bandoulière,
Et à l'âme une prière dans un coin.
Le sang aux pieds, et la fièvre au corps,
La faim au ventre et la peur aux yeux,
Vous atteignez enfin l'horizon qui se veut d'or,
Et à genoux vous remerciez les Dieux !
Un dernier regard en arrière vous jetez,
Vers ce qui déjà appartient au passé,
Un long sanglot votre cœur fait éclater,
Souvenirs de ce que vous avez quitté.
La terre chérie qui fut votre maître,
Gardera comme un trésor votre identité,
Car là où vous avez cru renaître,
Pour toujours vous resterez l' "étranger".
Et l'écho de vos pleurs résonne en mon cœur,
Comme une complainte venue d'ailleurs,
Et votre souffrance atteint mon âme,
Car, un jour, du sang d'exilés, moi je suis née !
Christine Surowy