Le fait « renaissance » ne se réduit pas à une imitation passionnée des chefs d’œuvres littéraires, esthétiques, scientifiques, philosophiques de l’antiquité gréco-romaine… Il comporte à la lettre, avec toute la relativité du temps, des lieux et des personnes, une re-naissance, une existence nouvelle, une initiative d’autant plus irréductible, à son alimentation antique qu’il s’agit d’une initiative de l’esprit. L’imitation est alors au service de l’invention, là même où elle la nourrit.
L’espèce humaine est-elle capable d’une nouvelle renaissance, d’un renouveau spirituel ? Si le renouveau ne vient pas de l’esprit, de nos entrailles les plus profondes, il ne viendra surement pas d’en haut, des institutions supérieures, des médias, des instances politiques, éducatives ou religieuses.
C’est la mort de l’imagination qui nous condamne à la stérilité, à la mécréance sans foi ni loi, à la laideur.
« L’initiative de l’esprit »…doit exercer une puissante attraction sur chacune de nos âmes individuelles et sur notre âme collective. Elle doit réveiller l’âme, lui redonner force et efficience’ approfondir sa mystique, l’enflammer de compassion et d’amour pour la beauté. Renaissance signifie changement du cœur, réveil, « metanoïa ». Et cette révolution ne pourra avoir lieu sans que la religion elle-même exhume ses trésors historiques les mieux cachés, les plus soigneusement oubliés.
Matthew Fox