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4 Octobre 2007
Qui prétendrait que le nombre de fonctionnaires n’a pas diminué en France depuis que les socialistes ont quitté le pouvoir ?
Budgets RAFFARIN, VILLEPIN, FILLON : chaque année, le budget a été présenté avec une diminution du nombre de fonctionnaires (22 800 suppression de postes dans le budget 2008). C’en est au point que Madame LAGARDE a parlé de « budget de rigueur », ce qui lui a valu un rappel à l’ordre.
Le problème, c’est que tout cela est faux. Sur la longue période, le nombre de fonctionnaires d’Etat n’a cessé d’augmenter : 2 074 095 pour les seuls ministères en 1984, 2 207 558 aujourd’hui, auxquels il faut ajouter 112 407 personnes pour les établissements publics administratifs en 1984 et 209 840 aujourd’hui. Et bien sûr sans compter les collectivités locales et autres administrations (plus 1,6 millions dans les collectivités et plus de un million dans les hôpitaux, soit un total général supérieur à 5,17 millions !).
Mais on pourrait dire : il y a eu dans cette période des gouvernements de gauche qui ont créé ces emplois publics. Malheureusement, le nombre de fonctionnaires n’a pas davantage diminué depuis 2002. C’est ce que montre un rapport tout ce qu’il y a d’officiel, le rapport annuel sur l’état de la fonction publique, qui vient d’être publié dans la plus grande discrétion, le gouvernement cherchant à camoufler ses exploits et ceux des deux gouvernements précédents.
Chaque année, ce sont en moyenne 50 000 fonctionnaires qui sont partis en retraite dans cette période. Les lois de finances ont prévu une réduction bien moindre du nombre de postes : 5 000 suppressions d’emplois en 2004 par exemple, 7 300 en 2005, 5 400 en 2006 et 15 000 en 2007. Mais, en dépit de ces réductions, le nombre de fonctionnaires d’Etat ne diminue pas, car les recrutements dans les EPA (établissements publics administratifs), qui exercent une activité de « service public » et sont financés par l’Etat et donc par des ressources fiscales, tout en étant placés sous la tutelle étroite de l’Etat, explosent. Et encore, ce rapport gouvernemental ne tient pas compte de la fonction publique territoriale, ni de la protection sociale obligatoire, deux secteurs où les recrutements (publics) ont également explosé.
On amuse donc la galerie avec 5 000 ou 10 000 réductions de postes, tandis qu’on en recrute beaucoup plus ailleurs que dans le budget de l’Etat au sens strict. C’est une situation que de nombreux parlementaires ont critiqué, sans succès, comme par exemple Georges TRON dans un rapport sur la fonction publique. Et c’est d’autant plus important, que la réduction du nombre de fonctionnaires est le principal moyen de diminuer les dépenses publiques : les seules dépenses de personnel de l’Etat représentent 119 milliards d’euros cette année et 44,4% du budget de l’Etat : c’est là que devrait porter l’effort.
Le Monde, qui rapporte ces informations, reconnaît ainsi que la prolifération des EPA « a réduit à néant les efforts budgétaires » de ces dernières années, nous amenant « bien loin des engagements du gouvernement ». En 2007, les effectifs des ministères baissent de 0,7% et ceux des EPA augmentent de 7,8% ! Il paraît que cela va changer. Pourtant, en 2008, l’objectif de réduire de moitié le nombre de postes de ceux qui partent en retraite ne sera pas tenu (on ne dépassera pas un tiers), tandis que les autres postes de fonctionnaires continueront leur course folle. Faut-il rappeler, comme nous l’avons fait la semaine dernière, que la Suède, qui ne passe pas pour le champion de l’ultralibéralisme, a réduit de 50% son nombre de fonctionnaires !