Et j’instruis les enfants du village, et le heures
Que je passe avec eux sont pour moi les meilleurs ;
Elles ouvrent le jour et terminent le soir,
Oh ! par un ciel d’été, qui n’aimerait à voir
Cette école en plein champ où leur troupe est assise ?
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Je me pénètre bien de ce sublime rôle
Que sur ces coeurs d'enfants exerce ma parole;
Je me dis que je vais donner à leur esprit
L'immortel aliment dont l'ange se nourrit,
La vérité, de l'homme incomplet héritage,
Qui descend jusqu'à nous de nuage en nuage, Flambeau d'un jour plus pur, que les traditions Passent de mains en mains aux générations;
Que je suis un rayon de cette âme éternelle
Qui réchauffe la terre et qui la renouvelle,
L'étincelle de Dieu, qui, brillant à son tours,
Dans la nuit de ces coeurs doit allumer son jour;
Et, la main sur leurs fronts baissés, je Lui demande
De préparer mon coeur pour qu'un Verbe y descende; D'élever mon esprit à la simplicité
De ces esprits d'enfants, aube de vérité;
De mettre assez de jour pour eux dans mes paroles.
Et de me révéler ces claires paraboles
Où le Maître, abaissé jusqu'au sens des humains,
Faisait toucher le ciel aux plus petites mains.
Puis je pense tout haut pour eux ; le cercle écoute
Et mon cœur dans leur cœur se verse goutte à goutte.
Alphonse De Lamartine (Jocelyn, Neuvième époque)