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25 Août 2009
Mehdi Miraboutalebi, ambassadeur de la République islamique d’Iran en France, dans un entretien exclusif avec le quotidien français « Le Parisien » publié aujourd’hui mardi 25 août apporte des précisions sur les accusations qui pèsent sur Clotilde Reiss et sur les relations entre Paris et Téhéran.
L'ambassadeur de la République islamique d'Iran en France, Mehdi Miraboutalebi, dans cet entretien revient sur le cas de Clotilde Reiss et explique pourquoi son pays considère que le parcours, la personnalité et les agissements de cette étudiante française en Iran ont conduit la justice à l'inculper, notamment d'espionnage.
Mehdi Miraboutalebi y explique notamment qu’il ne s’agit pas d’une simple étudiante et que les questions soulevées par la présence de l’étudiante française avaient conduit les autorités iraniennes à la faire surveiller avant son arrestation.
L’ambassadeur d’Iran en France poursuit que Mme Reiss qui fait des études de géopolitique, s'intéresse à l'Iran, parle persan, n'est pas de fait professeur de français. Il souligne qu’à partir de ces éléments, trois questions essentielles se posent.
Pourquoi envoie-t-on une étudiante en géopolitique enseigner le français à la place d'un professeur de langue ? Pourquoi va-t-elle à Ispahan, la région où sont précisément installés nos centres d'enrichissement d'uranium ? Et enfin, pourquoi choisit-elle une université technologique, où l'on n'étudie pas les sciences sociales, qui sont pourtant sa spécialité ?", s'interroge l'ambassadeur.
Mehdi Miraboutalebi évoque également la rédaction, en 2007, par Clotilde Reiss d'un mémoire pour le Commissariat à l'énergie atomique intitulé "Comprendre la politique iranienne dans la crise nucléaire" soulignant que ces éléments justifient les doutes des services iraniens.
Il récuse toute relation cependant avec le fait que son père travaille au Commissariat de l’énergie atomique précisant que l’Iran était au courant, mais n’a pas pris en compte cet élément.
Il s'étonne plus loin dans cet interview que la jeune femme n'ait pas quitté le pays à l'expiration de son visa et se soit retrouvée dans les rues de Téhéran dans les manifestations.
«Cette jeune femme est partie en Iran avec un visa de trente jours. Sur place, elle a fait une demande de prolongation. Lorsque son visa a expiré une deuxième fois, elle aurait dû quitter le pays, mais elle a continué à séjourner illégalement. En apparence, elle est partie pour donner des cours de français à Ispahan. Alors pourquoi s’est-elle retrouvée pendant quinze jours dans les manifestations de Téhéran ? s’interroge également l’ambassadeur d’Iran en France.
Il récuse enfin les allégations des médias étrangers qui sous entendent que les aveux de Clotilde Reiss auraient été extorqués par la force. Mehdi Miraboutalebi dément de telles pratiques et assure que la torture et l'obtention d'aveux forcés ne font pas partie des pratiques iraniennes soulignant que «nos croyances religieuses nous interdisent de mentir et de faire avouer sous la contrainte ».
Il rappelle également au cours de cet entretien que son dossier compte huit chefs d’accusation que Clotilde Reiss a tous reconnus lors de son procès et que l’ambassadeur de France a rendu visite à Mademoiselle Reiss et a pu constater que ses conditions de détention étaient tout à fait confortables.
Enfin, le diplomate déplore le manque d’efforts de la France pour réchauffer les relations diplomatiques avec son pays et l’accuse de "diffuser ses messages de propagande à l'opinion publique".
---> Iran.Mehdi Miraboutalebi.Le Parisien.Clotilde Reiss.Interview.