La Pravda, Timothy Bancroft-Hinchey, le 6 septembre 2007
« Nous bottons le cul en Irak » était la déclaration du président Bush rapportée durant sa visite en Australie. Qu'il l'ait dite ou non, c'est le message que la presse contrôlée a instillé dans le cœur et l'esprits de la population US et de la poignée de nations flagorneuses qui soutiennent cet acte de boucherie atroce et illégal.
Pour la presse contrôlée, l'Irak était un pays vivant dans le chaos, gouverné par un dictateur sanguinaire, qui assassinait par caprice et dirigeait un réseau terroriste allié à Al Qaeda, qui constituait une « menace immédiate » pour les USA et leurs alliés avec ses « armes de destruction de masse ».
Rien n'a été dit sur les sanctions conduites par les USA, qui entre 1990 et 2003 ont provoqué la famine et la maladie, faisant des victimes dans une grande partie de la population (surtout les enfants), rien n'a été dit des efforts héroïques du gouvernement irakien pour tenter d'assurer l'accès à l'eau potable, à l'éducation libre et à d'excellents soins de santé (une référence dans le monde moderne), la proportion la plus élevée de dentistes par habitant, entre autres accomplissements remarquables dans l'État le plus progressiste du Moyen-Orient. Rien n'a été dit de la haine entre Al Qaeda et Saddam Hussein.
Rien n'est dit maintenant des effets de ces 13 années de cruauté, complétées d'actes de terrorisme des forces de l'OTAN [1], Et le résultat du criminel acte de massacre de masse lancé par le régime Bush en mars 2003, qui a transformé une nation autrefois moderne, progressiste, laïque et industrialisée en État arriéré et médiéval gouverné par des politiques islamistes. Rien n'est dit des droits des femmes dans l'Irak d'aujourd'hui, où les filles peuvent être violées ou décapitées en plein jour parce qu'elles osent s'aventurer à sortir sans voile.
Si « botter le cul » est créer un scénario par lequel les milliards et les milliards de dollars (et le Congrès se présente aujourd'hui avec encore des demandes) des salaire durement gagné par les citoyens US sont versés dans le trou noir de la corruption (le gouvernement irakien [2], qui n'ose se risquer au delà de la Zone Verte perfectionnée de Bagdad), si « botter le cul » est prendre pour cible les infrastructures civiles avec l'armement militaire, alors George Bush prouve qu'il réunit en fait les pires qualités du cow-boy singeant l'homme d'État que le monde redoute depuis 2000.
Si « botter le cul » est voir les troupes britanniques quitter Bassora, clamant victoire [3] quand tous ceux qui connaissent quelque chose au sujet de l'Irak se rend compte que Bassora est gouverné par d'innombrables gangs de criminels se querellant et d'extrémistes islamiques, si « botter le cul » est savoir que les forces d'occupation ont peur d'attaquer l'ennemi, qu'elles laissent de plus en plus à de quartiers aux mains des extrémistes et n'osent s'aventurer loin de leurs campements et des convois, alors George Bush n'a aucune idée quant à la réalité en Irak aujourd'hui.
En Irak aujourd'hui, il y a quatre millions de réfugiés. En Irak aujourd'hui, soixante-dix pour cent des enfants du pays ne vont pas à l'école. Un million de personnes sont mortes en raison de l'acte de boucherie du régime Bush.
En Irak aujourd'hui, un tiers de la population (24 millions) a besoin d'aide d'urgence. En Irak aujourd'hui, la plupart des attaques ne viennent pas des groupes islamistes terroristes contre la population, mais en fait, 85 pour cent des attaques sont contre les forces d'occupation ou l'armée invisible des « collaborateurs ». Ce sont les 200.000 mercenaires ou « privés sous contrat » (en plus des 170.000 troupiers US) dont les pertes ne sont pas comptées dans les statistiques. (Ces contractants privés opèrent sous garantie d'immunité de poursuite).
Les attaques se dénombrent à quelque 150 par jour et occasionnent jusqu'à 5.000 victimes chaque mois, pas les statistiques édulcorées présentées par Washington.
En Irak aujourd'hui, 70 pour cent de la population n'a pas accès à l'eau potable, après que [les équipements pour] l'approvisionnement aient été visés par l'aviation militaire US et après que les contrats de reconstruction aient été assignés sans appel d'offre à la clique des élitistes d'entreprises gravitant autour du régime Bush [4] et le maintenant au pouvoir aux dépens de ses citoyens laborieux.
En Irak aujourd'hui, 43% de la population végète dans la « pauvreté absolue » (Oxfam), 50% de la population est sans emploi, 2 millions de gens vivent en conditions précaire sans accès à l'aide alimentaire, 40% du personnel qualifié du pays est parti, l'héritage culturel de milliers d'années est en ruines, 2,5 millions de citoyens vivent en camps de réfugié à l'étranger, un demi-million de ces derniers sont des enfants qui restent sans aucun accès à l'éducation.
En Irak aujourd'hui, la prostitution des enfants (inconnue sous le gouvernement al-Tikriti du président Saddam Hussein) est un phénomène croissant, les femmes ont perdu pratiquement toutes leurs libertés et depuis 2003, il y a 50.000 nouvelles prostituées. L'Irak constitue aujourd'hui la crise de réfugiés du monde en croissance la plus rapide, avec 40 à 50.000 personnes s'enfuyant de chez elles chaque mois.
Si c'est « botter le cul », alors félicitations, M. Bush, pour la manière sage dont vous avez investi les centaines de milliards de dollars d'impôts des salaires durement gagnés par les citoyens. Peut-être que deux ans après l'ouragan Katrina, autant argent a été pompé à la Nouvelle-Orléans [5], ou se pourrait-il que l'ouragan ait agi comme une excuse pour les élitistes des entreprises qui gravitent autour du régime de Bush pour tiré profit du chaos et rafler les énormes étendues de terre bon marché pour des projets de développement ?
Est-ce la liberté et la démocratie, gagnant les cœurs et les esprits avec la tactique choc et panique ? Ou le type qui prétend « botter le cul » devrait se fait botter le « cul » ?
Notes du traducteur
1- Plus précisément les USA et le Royaume-Uni. Pendant 13 ans avant l'invasion de 2003, ces deux pays ont bombardé régulièrement les infrastructures civiles et même les plantations de dattiers pour que l'Irak ne puisse survivre par ses propres moyens.
2- Il est probable qu'il s'agisse d'une pompe à finance classique pour détourner l'argent des étasuniens : L'argent est envoyé prétendument pour les besoins irakiens, est détourné par les marionnettes, puis revient dans les poches des marionnettistes US et Israéliens.
3- En réalité dans la situation actuelle ils ont gagné : Leur but était de balkaniser l'Iraq et d'y tuer toutes les têtes pensantes pour laisser Israël maître au Moyen-Orient. Quand l'occupation cessera, la réunification de l'Iraq ne sera possible qu'après de longues luttes de clans. Il faudra une forte coalition dirigée par un homme intègre. Peut-être que c'est justement l'existence de cette coalition, qui semble rallier maintenant quelques chefs sunnites, qui empêche le retrait US.
4- Pas seulement autour de Bush. Le fait que les grands média européens ne parlent pas des crimes en Afghanistan, en Iraq et en Palestine démontre que toute la clique élitiste corporatiste mondiale est focalisée sur un objectif commun. Le fait que les terroristes sionistes pris sur le fait ne soient jamais poursuivis et que ces affaires soient dissimulés au public démontre qu'un intérêt commun caché contrôle les gouvernements et la justices dans tous les pays.
5- Quelques articles US disent que plusieurs milliards affectés à la reconstruction des quartiers pauvres de la Nouvelle-Orléans se seraient volatilisés.